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  • Liste d’escroqueries liées à Bitcoin et aux cryptomonnaies

     

    Comment eviter arnaques bitcoin

    Pour composer cette liste de 5957 escroqueries exploitant la renommée à Bitcoin et des cryptomonnaies, nous avons croisé plusieurs sources notamment les témoignages de nos lecteurs et les listes l’AMF (15 mars21 et 27 septembre 2018), celle de CryptoFR, celle de la Maison du Bitcoin, celle d’acheter1bitcoin.fr, celle de warning-trading.com et enfin, la plus fournie, celle de badbitcoin.orgLa liste obtenue par cette fusion n’est cependant pas exhaustive et contient encore des erreurs. Si vous souhaitez nous aider à l’améliorer ou signaler de nouveaux sites, n’hésitez pas à nous contacter et/ou à laissez vos commentaires au bas de cet article.

    Vous trouverez ci-dessous à la fois des systèmes pyramidaux, de faux « bitcoin faucets » et un grand nombre d’arnaques liées à l’investissement dans les cryptomonnaies ou le « mining ».

    N’hésitez pas non plus à nous écrire si un signalement vous semble abusif.

    Voir également le fil consacré aux fausses plateformes de change sur cryptoFR. et nos conseils pour acheter des bitcoins sans se faire escroquer.

    https://bitcoin.fr/bitcoin-scam-list/

  • Info Escroqueries

    Centre de contact

    Pour se renseigner sur les escroqueries ou pour signaler un site internet ou un courriel d'escroqueries, un vol de coordonnées bancaires ou une tentative de hameçonnage

    Par téléphone

    0 805 805 817

    Du lundi au vendredi de 9h à 18h30.

    Numéro vert (appel gratuit).

     

  • Les Arnaqueurs du Nigéria

    Qui sont les «419», ces arnaqueurs nigérians qui se jouent de vous?

    419. L'un des mots les plus utilisés au Nigeria n'est pas emprunté à l'anglais classique. Ce mot que l'on entend à tout bout de champ le plus souvent sur le mode de la plaisanterie désigne les escrocs. Son origine est limpide : l'article du Code pénal nigérian faisant référence aux aigrefins.

    Le 419 est tellement passé dans l'usage commun qu'aujourd'hui dans les hôtels nigérians, il n'y a pas de chambre 419. Personne n'a envie d'être le pensionnaire de la 419 : celui dont tout le monde va se méfier. La chambre 419 est l'équivalent de la chambre 13 en Occident.

    Pourquoi une telle phobie de ce chiffre ? Depuis des décennies, les escroqueries made in Nigeria ont fait florès. Les escrocs nigérians ont réussi à extorquer des milliards de dollars. En raison de leurs grandes ruses et audace, mais aussi de l'ampleur de leur complicité dans le pays. Afin d'appâter leurs futures victimes, les escrocs nigérians les recevaient même au ministère des Finances : ils louaient des locaux quelques heures dans ledit ministère. Ils sortaient aussi le grand jeu : tours d'hélicoptère au-dessus des zones pétrolières du delta du Niger, rencontres avec des « gros bonnets ». Outre les pertes financières considérables, nombre de ces escroqueries se sont achevées par des enlèvements, des suicides et des assassinats.

    Longtemps, les « 419 » avaient pignon sur rue. Dans les années quatre-vingt-dix, nombre d'entre eux vivaient au grand jour sur Allen avenue (surnommée « cocaïne avenue »), une grande artère de Lagos. Ils n'hésitaient pas à se vanter de leurs faits d'armes et cherchaient à recruter des Blancs dans leurs équipes afin de rassurer leurs futures proies. Ils avaient toujours de bonnes raisons pour justifier leurs actions. En somme, selon eux, le fait de voler des Occidentaux était une façon de réparer le préjudice causé par l'esclavage. Un argument dont ils ne semblaient pas eux-mêmes vraiment convaincus. Les « 419 » en redresseurs de torts, c'est tout de même assez peu crédible.

    Mais leur explication favorite est toute autre. Un grand nombre de « 419 » sont d'origine ibo, une ethnie de l'est du Nigeria. « Après l'échec de l'indépendance du Biafra, nous avons été marginalisés. Nous étions exclus de tous les bons postes dans l'administration. C'est pour cela que nous avons dû nous tourner vers ces activités de 419 », aiment-ils répéter. Quoi qu'il en soit les « 419 » bénéficiaient de complicité haut placée et il était très difficile pour leurs victimes de se faire dédommager.

    Des escrocs high-tech

    Les « 419 » ont profité de la montée en puissance des nouvelles technologies. Grâce à l'internet, ils ont pu inonder le monde entier de courriels. Personne n'est épargné, même au fin fond de la Picardie ou de la Bavière, chacun a le droit à sa dose de mails nigérians. La multiplication des cybercafés, appelés « business center » au Nigeria leur a aussi facilité le travail. Le « 419 » donnait à ses partenaires l'adresse d'un « business center » à Lagos. Une fois qu'il avait pris la poudre d'escampette, il était impossible de le retrouver. « Mon partenaire nigérian m'avait dit que pour faire des affaires là-bas, il fallait verser des pots-de-vin. Je lui ai envoyé des costumes Smalto, des stylos Mont-Blanc, des montres Rolex etc. Et depuis plus de nouvelles », s'étonnent certains. 

    Les personnes grugées sont d'autant plus mal à l'aise pour se tourner vers la justice qu'elles se livrent en toute connaissance de cause à une activité illégale. Le grand classique des activités nigérianes consiste à proposer à un Européen de blanchir de l'argent pour le compte d'un Nigérian qui l'a détournée. Une activité pour le moins sujette à cautions et à précautions.

    Rapidement, les « 419 » ont entrepris d'exporter leur art de l'escroquerie. Ils ont ouvert des officines au Bénin voisin et formé des Béninois afin de pouvoir opérer aussi en français. Bientôt les escrocs ont également eu pignon sur rue en Côte d'Ivoire. Donnant naissance au fameux phénomène des « brouteurs » à la gloire desquels a été inventé le style musical « Coupé, décalé », qui signifie voler et prendre la poudre d'escampette. Longtemps, au Nigeria comme en Côte d'Ivoire, les « 419 » ont joui d'une certaine magnanimité, au motif qu'ils étaient malins, qu'ils escroquaient surtout les Blancs ou ceux qui avaient beaucoup d'argent et qu'il n'y avait pas mort d'hommes.

    Un internaute utilise un des ordinateurs d’un cybercafé. AFP/Issouf Sanogo

    Des faits divers tragiques

    Un certain nombre de faits divers tragiques ont montré une réalité bien différente. Dans la grande majorité des cas, les victimes desdits « 419 » n'étaient pas des gens riches. Il s'agissait surtout de naïfs désargentés qui rêvaient du grand amour ou de la grande fortune. Un grand patron va rarement croire qu'il a gagné des millions à la loterie ivoirienne à laquelle il n'a jamais joué ! Les « 419 » sont fréquemment des maîtres chanteurs. Afin de répondre à leurs exigences de plus en plus grandes, un certain nombre de gogos s'endettent. Et au final, ce sont eux qui se retrouvent en prison ou qui se suicident.

    Les autorités nigérianes veulent prendre le problème à bras le corps. Le phénomène des « 419 » pénalise considérablement la première économie du Nigeria. A cause notamment de ce phénomène, le taux d'utilisation des cartes bancaires est très faible. Le commerce électronique se développe beaucoup moins rapidement qu'il ne le devrait. Le plus souvent les courses en commerce électronique sont réglées en liquide à la livraison. Au Nigeria, même les taxis Uber sont fréquemment payés en cash.

    Les Nigérians savent qu'il est bien difficile d'entrer en contact avec le reste du monde depuis leur pays. Combien d'internautes vont envoyer un mail nigérian directement à la poubelle sans prendre la peine de vérifier s'il s'agit d'un vrai ou d'un faux. Afin de prendre contact avec une entreprise, une université ou une école occidentale, nombre de Nigérians sont obligés de passer par une tierce personne. Sinon ils savent que personne ne prendra la peine de leur répondre.

    Les « 419 », un coût élevé pour la société

    Le phénomène des « 419 » a donc un coût très élevé pour la société. Afin de le combattre, les autorités ont établi un contrôle très strict des lignes téléphoniques. Au Nigeria, on ne peut se contenter d'acheter une carte sim dans la rue. Il faut aller se faire inscrire en bonne et due forme dans une société de téléphonie et présenter des pièces d'identité à cette fin. Pour ne pas avoir respecté cette règle avec l'ensemble de ses clients, l'entreprise de télécom sud-africaine MTN vient d'être condamnée à une amende record de plusieurs milliards de dollars.

    L'étau se resserre autour des « 419 ». Mais ils font preuve d'une imagination sans limites. Même s'ils risquent d'être démasqués grâce aux progrès des nouvelles technologies, ils connaîssent un moyen hors pair pour échapper aux foudres de la justice : obtenir l'immunité en se faisant élire dans l'arène politique. Quitte à acheter une élection... Les « 419 » n'ont peur de rien!

  • Les Arnaqueurs de la Côte d'Ivoire

     

     

    En Côte d'Ivoire, les "brouteurs", ces pros de l’escroquerie sentimentale sur Internet.

    Les "brouteurs" sont des vedettes en Côte d’Ivoire et au Nigeria. Leur spécialité ? Contacter des hommes et des femmes en Europe via les réseaux sociaux comme Facebook, leur promettre l’amour pour au final, leur soutirer des sommes d’argent colossales. Comment ces arnaques s’élaborent-elles ? Comment prévenir et empêcher ce fléau ?

    Ils distribuent des billets de banque en soirée, recrutent parfois des enfants des quartiers populaires pour les aider à « piéger » des Européens, ou des Américains. Ils visent des personnes fragiles sur le plan psychologique. Ces dernières croient au conte de fées de l’inconnu qui promet mariage et enfants. Mais elles ne verront jamais l’objet de leurs fantasmes, pire encore : elles risquent de vider leur compte bancaire, sur l’autel d’une illusion.
     

    Les "brouteurs", un phénomène de mode

    « Le terme "brouteur" vient d’Abidjan »« Brouteur » fait allusion d’une part à ces « arnaqueurs qui séduisent des gens pour leur demander de l’argent », d’autre part aux « moutons qui se nourrissent sans efforts ».

    L’arnaque en ligne commence comme une histoire d’amour, prometteuse. C’était en tout cas, ce à quoi croyait Bernard. La soixantaine, vivant en Suisse romande, il est tombé amoureux d’Andrea, une sculpturale blonde aux yeux bleus, rencontrée sur Facebook. Pour son enquête, Isabelle Ducret a réussi à interviewer cette victime, qui a accepté de témoigner sous couvert d’anonymat.

    Andrea, le personnage créé par les brouteurs, pour séduire Bernard
    Andrea, le personnage créé par les brouteurs, pour séduire Bernard
    © RTS

    Après plusieurs déceptions sentimentales, Bernard reçoit une demande d’amitié d’Andrea sur un réseau social. La jeune femme assure vivre en France, offre à Bernard une plongée dans son univers familial en envoyant maintes photos de son quotidien. Toutes des photomontages.
    L’enquête montre comment des brouteurs, a priori ivoiriens, auraient créé le personnage d’Andrea, après avoir volé les photos d’une inconnue sur Instagram (un réseau social de partage de photos).
    Bernard lui demande pourquoi elle s’intéresse à lui, lui qui pourrait être son grand-père. « L’écorce n’est pas importante », lui rétorque Andrea.

     Tes douces paroles m'ont émue et maintenant mon âme est tourmentée par l’amour que je ressens pour toi

    L'un des messages envoyés par "Andrea" à Bernard

    Après des semaines d’échanges de messages passionnés et romantiques comme "tes douces paroles m'ont émue et maintenant mon âme est tourmentée par l’amour que je ressens pour toi", Andrea commence à demander de l’argent à Bernard. D’abord, 800 euros pour permettre à sa tante de payer son loyer. Puis, Andrea assure partir en Côte d’Ivoire en mission humanitaire. Sur la photo, elle pose aux côtés de deux enfants, dans une robe d’été rose bonbon. Ce photomontage interpelle Bernard, mais il continue à verser de l’argent. « J’étais à côté de la plaque », confesse-t’il aujourd’hui. La tante d’Andrea tombe malade, Andrea doit rentrer d’urgence en France. Bernard paie tous les frais.
     

    « Sextorsion »

    Puis, aux coups de téléphone succèdent des échanges érotiques, par vidéo. Les brouteurs filment Bernard, sous les yeux de qui se déhanche non pas Andrea, mais une fille choisie sur un site pornographique par les brouteurs, qui menacent désormais Bernard de publier la vidéo s’il ne leur verse pas deux fois 2000 euros. Bernard se dit « drogué » et prêt à « faire n’importe quoi pour ne pas arrêter ». Au total, 2000 mails sont échangés en un peu plus d’un an. Plusieurs fois, Bernard se rend à l’aéroport. Andrea n’arrivera jamais.

    Un "arnacoeur" peut exploiter un moment dans la vie des gens, comme une faiblesse ou un rêve particulier.

    Samuel Bendahan, économiste du comportement à l’Université de Lausanne

    Samuel Bendahan, économiste du comportement à l’Université de Lausanne, décrypte dans « Arnacoeurs, escrocs de l’amour en ligne » les techniques de manipulation de ces brouteurs. « Un "arnacoeur" peut exploiter un moment dans la vie des gens, comme une faiblesse ou un rêve particulier », et interroge : « Si tout à coup vous avez devant vos yeux votre plus grand rêve, est-ce que vous pensez vraiment que vous resteriez objectif ? ».
     

    Un business florissant à Abidjan

    La Côte d’Ivoire fait partie des vingt pays les plus pauvres du monde. Un contexte propice aux arnaques en ligne, sources d’argent facile, et de notoriété. « Tout le monde connaît parfaitement ce phénomène de masse », indique la journaliste qui a enquêté en Côte d’Ivoire, où elle a interviewé des brouteurs. Certains n’hésitent pas à témoigner à visage découvert, à pied d’œuvre dans un cybercafé d’Abidjan. «Notre priorité », indiquent-ils, consiste à « mettre le client en confiance ». Par client, il faut entendre "victime", comme Bernard.
    Pour eux, le broutage s’apparente à un travail à temps plein. « Parfois, on peut être trois ou quatre jours sans dormir ». Le brouteur inonde de messages d’amour sa victime, pour provoquer une dépendance affective, et lui faire sortir sa carte bleue.  Cette arnaque aux sentiments peut parfois rapporter gros.

    Un policier t’arrête, tu as 5 millions sur toi (de francs CFA), tu lui en donnes 2, en sachant qu’il ne gagne même pas 2 millions par mois ! »

    Un "grand brouteur", qui n'exerce plus cette activité aujourd'hui

    Deux « grands brouteurs » sortis du milieu témoignent dans le reportage. L’un d’eux se targue d’avoir réussi à extorquer 13 000 euros en une seule fois, l’autre 16 000. Une telle arnaque nécessite un système bien rôdé, avec des complices. Ils affirment en avoir « dans les banques et la police » en Côte d’Ivoire. « Un policier t’arrête, tu as 5 millions sur toi (de francs CFA), tu lui en donnes 2, en sachant qu’il ne gagne même pas 2 millions par mois ! »

    Les complices se trouvent aussi « en France, en Belgique et en Suisse », assure l’un d’eux. Les hackers, « souvent au Maroc ». Et chaque maillon de l’arnaque sur Internet gagne un pourcentage.

    Les brouteurs font partie intégrante du tissu économique local en Côte d’Ivoire ou au Nigeria, les deux pays où le phénomène est le plus développé. Le premier harponnant des victimes francophones, le second des anglophones.
    Les chiffres de cette « économie de l’ombre » comme la nomme la réalisatrice Isabelle Ducret, ne sont, pour la plupart, pas connus. Ni en Afrique ni en Europe. Seules statistiques obtenues par la journaliste : les arnaques sentimentales se sont élevées à 200 millions d’euros en 2016 aux Etats-Unis. En Suisse, 140 cas ont été signalés à la police la même année.

     

    Des arnaques en ligne impunies

    Ces signalements n’ont débouché sur aucune condamnation jusqu’à présent, faute d‘avoir réussi à prouver l’arnaque, faute aussi de coopération judiciaire au niveau international.
    Pierre Aubert, procureur du canton de Neuchâtel, déplore que « l’enquête s’arrête souvent dès qu’elle franchit la frontière ». A la question de savoir si « la Suisse a une possibilité d’entraide  avec la Côte d’Ivoire ou le Nigeria », la réponse du magistrat tombe comme un couperet : « On peut dire aucune. Dès qu’on sort de l’Europe, c’est très compliqué. Je n’ai jamais renvoyé devant un tribunal une personne pour ce genre d’infractions ».

    Quant aux mesures de prévention, elles sont presqu’inexistantes. Quand les victimes sont des personnes isolées, « comment voulez-vous les atteindre ? », s’interroge le procureur. La journaliste Isabelle Ducret considère que la solution passe, a minima, par « la reconnaissance du statut de victime », ainsi que par l’information autour de ce fléau, et des dangers en général des réseaux sociaux. Les conséquences des échanges virtuels entre un brouteur et sa victime, homme ou femme, peuvent être tragiques.

    « Une femme s’est suicidée », rapporte Christine Goubert, ex-présidente de l’AVEN, l’Association des Victimes d'Escroquerie à la Nigériane en France, dissoute en 2018. "Elle a attendu (son amoureux imaginaire) quatre fois à l’aéroport. Un 31 décembre il n’est pas venu, le 1er janvier elle se suicidait." Ses enfants ont porté plainte. Le dossier a été classé sans suite.

     

    Stars locales

    En attendant, les brouteurs restent des vedettes en Côte d’Ivoire, à l’instar de Commissaire 5500. Arrêté en 2017, il a passé un an en prison. Depuis, il est libre. Sur des vidéos postées sur YouTube, on le voit jeter des billets de banque dans une boîte de nuit, au rythme d’un frénétique coupé-décalé.
    Comme lui, les « grands brouteurs » exhibent leurs gains en soirée. « Ils parrainent des grandes cérémonies, ont des fan clubs », observe Malcolm Touré, producteur audiovisuel à Abidjan. « L’école, c’est une perte de temps », estime un brouteur interviewé dans l’enquête.

    Le salaire minimum avoisine les 90 euros par mois en Côte d’Ivoire.  Certains enfants, notamment ceux des quartiers populaires comme Abobo dans la capitale ivoirienne, rêvent à leur tour de devenir de grands brouteurs, dont ils suivent parfois très tôt les pas. Recrutés par ces derniers, ils se convertissent en prédateurs du web et préfèrent les arnaques en ligne aux bancs d’école.

     

  • Le cyberharcèlement à caractère sexiste

     

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    Alors que le président de la République a déclaré vouloir faire de l’égalité entre les femmes et les hommes la grande cause de son quinquennat, il ne se passe guère de semaine sans que l’actualité ne vienne cruellement mettre au jour des pratiques de tous ordres qui visent à dénigrer, voire harceler les femmes. Cela montre non seulement que le sujet de l’égalité femmes/hommes reste totalement pertinent mais aussi bien sûr qu’il convient d’agir efficacement.

    Les leviers d’éradication des processus de domination dans les entreprises

    Très récemment, c’est la « Ligue du LOL » qui a occupé la une de l’actualité. Des esprits chagrins pourraient évoquer le fait que, ce scandale concernant la presse, il était normal, sinon évident, que celle-ci s’empare du sujet et en fasse ses choux gras. On pourrait tout au contraire rétorquer que justement, en s’emparant d’un tel sujet, la presse a témoigné d’un certain courage : au lieu d’étouffer un scandale qui les concerne directement, les médias ont choisi de le porter sur la place publique et de le dénoncer.

    Cette actualité donne l’occasion de rappeler combien sont tenaces ces processus de domination et la difficulté rencontrée pour les éradiquer. Pour cela, deux types de leviers peuvent être actionnés : d’une part, ceux qui relèvent du droit et des interdictions qu’il pose ; d’autre part, ceux qui renvoient à l’action volontaire des entreprises ou des organisations dans lesquelles se produisent les expressions les plus sévères de cette domination. Notons que les deux leviers sont liés, dès lors que les agissements sexistes constituent désormais un risque professionnel pour les entreprises qui sont tenues de le prévenir.

    Concernant le droit, il convient de rappeler que le législateur a inscrit dans le Code du travail l’interdiction de tout « agissement sexiste » défini comme « agissement lié au sexe d’une personne, ayant pour objet ou pour effet de porter atteinte à sa dignité ou de créer un environnement intimidant, hostile dégradant, humiliant ou offensant » (Art. L 1142-2-1). Bien que non pénalement sanctionné, l’auteur d’un agissement sexiste risque une sanction disciplinaire et la responsabilité civile de son employeur pourrait être recherchée. Ce dernier encourt une condamnation à réparer le préjudice subi.

    Que recouvre concrètement cette notion ? Un document élaboré par le Conseil supérieur de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes en donne plusieurs exemples. Ainsi, critiquer une femme pour son manque de « féminité » ou un homme qui ne serait pas « viril » ; ne pas prendre au sérieux les compétences des salarié.e.s et les humilier ; user d’épithètes sexistes ; faire des blagues sexistes, tout cela relève clairement d’agissements sexistes.

    Concernant les actions que les organisations peuvent décider, il reste encore beaucoup à faire tant la plupart d’entre elles mesurent mal l’ampleur des pratiques que subissent les femmes, depuis le « sexisme ordinaire », encore bien trop courant et trop souvent minoré voire dénié, jusqu’aux formes de harcèlement beaucoup plus graves, comme celles des membres de cette indigne « Ligue du LOL ». Comme l’a très justement fait remarquer l’un de nos collègues, l’absence de hiérarchie très formelle dans la plupart des entreprises de presse ne suffit pas, loin s’en faut, à restreindre sinon à faire disparaître les processus de domination (voir l’article de Benjamin Taupin dans Libération du 15 février dernier). On pourrait même suggérer l’inverse, à savoir que c’est en l’absence de tout contrôle et en toute impunité, - du moins dans l’esprit de leurs auteurs -, que ces agissements ont pu se produire sur une relativement longue période.

    Comment faire disparaître les pratiques sexistes dans les entreprises ?

    La question se pose alors de savoir comment (ré)agir pour vraiment voir disparaître ce type de pratiques ? Sanctionner les auteurs comme l’ont fait les organes de presse concernés, ce que la loi prévoit, semble un minimum. On pourrait également imaginer que les victimes portent plainte devant un tribunal. Mais plus largement, si les organisations ne se posent pas la question de leur rôle, voire de leur responsabilité - bien qu’elle soit souvent non intentionnelle -, dans ces pratiques, elles risquent fort de perdurer. Et l’existence de lois, si elle est tout à fait nécessaire, ne sera pas suffisante, comme en témoigne plus largement la législation déjà très fournie en matière d’égalité femmes/hommes et de non-discrimination sur de nombreux sujets.

    Car les organisations de travail fonctionnent selon ce que Joan Acker, une sociologue américaine, a nommé des « régimes d’inégalités ». Ce concept a été forgé pour rendre compte de l’absence de neutralité des organisations de travail qui, dans la majorité des pays industrialisés et dans la plupart des entreprises, organisent la rareté des femmes au fur et à mesure de leurs parcours professionnels. Autrement dit, si les femmes sont si peu nombreuses dans les échelons supérieurs de la plupart des entreprises et encore plus dans leurs comités exécutifs, c’est que dès le départ, à chaque palier d’orientation ou d’avancement, des mécanismes se mettent en place pour les freiner, les dissuader, les éliminer. La grande majorité des organisations ne sont pas neutres : elles ont été conçues par des hommes, pour des hommes et les femmes ne sont massivement tolérées que dans des emplois et à des niveaux subalternes, secondaires, moins prestigieux et moins bien rémunérés. D’une certaine manière, la Ligue du LOL ressemble à ce que connaît bien l’Amérique du Nord (États-Unis et Canada) sous la forme de « boys clubs », des institutions qui, dans la lignée des gentlemen’s clubs britanniques, organisent un entre soi d’où les femmes sont exclues, pour développer leurs réseaux et les rendre influents. (Voir l’article de Frédéric Joignot, Le Monde, 28 février 2019)

    Certes, on pourra rétorquer que les femmes ont désormais accès à tous les emplois, à tous les niveaux hiérarchiques et de responsabilités, dans tous les domaines de la vie économique. Et en effet, on peut aujourd’hui trouver, dans les économies développées, des femmes partout. La question est bien moins celle de la possibilité de leur présence, que de leur légitimité à en être de façon visible, c’est-à-dire en nombre suffisant. Car on sait qu’une minorité qui n’atteint pas un seuil minimum dans l’effectif d’un groupe est vouée à ne pas être prise en compte.

    Ce qui se cache derrière toutes ces pratiques sournoises et lâches, comme le cyber harcèlement dont les auteurs avancent généralement masqués ou anonymes, c’est la contestation pure et simple adressée aux femmes de venir sur le terrain de jeu des hommes, celui du pouvoir essentiellement. Les femmes dirigeantes que j’ai pu interroger au cours de mes différentes enquêtes m’ont souvent expliqué que, tout compte fait, il n’était pas très « difficile » de devenir dirigeante, au sens des connaissances et compétences requises. La différence majeure était la volonté, celle de vouloir se battre pour y arriver, car disaient certaines : « c’est la guerre ! ». Dans le cas de la « Ligue du LOL », il ne s’agissait pas de harceler des dirigeantes mais de simples journalistes, souvent débutantes, qui devaient donc faire leurs preuves pour espérer progresser dans la profession. Ces pratiques illustrent bien les « régimes d’inégalités » mentionnés ci-dessus qui montrent ainsi que les femmes ne sont pas seulement soumises à ce qu’il est courant de nommer un « plafond de verre », cette barrière invisible mais pourtant bien présente qui les empêche d’atteindre le sommet des entreprises. Les obstacles auxquels se heurtent les femmes existent en réalité bien avant l’accès au « dernier cercle » : tout au long de la ligne hiérarchique, les processus de gestion et les pratiques de management s’articulent et interagissent pour dénier aux femmes toute légitimité à évoluer.

    Le plus souvent non intentionnels, ces phénomènes doivent donc être mis au jour et dénoncés, autant par les managers d’équipes que par les dirigeants ou responsables RH des entreprises et, surtout provoquer la prise de conscience nécessaire à une transformation en profondeur du fonctionnement organisationnel à tout niveau. Les prises de parole, les signatures de chartes, les engagements dans des discours prometteurs ne suffisent plus : il faut agir !!

  • Jacky Lo

     

    Jacky lo 1

     

    Clic sur le lien pour voir la chaîne :

    https://www.youtube.com/channel/UCq1ididB9qHRw3nTFmwrv6A

     

     

  • A quoi ressembleraient nos journées si nous étions privés d’Internet ?

    Iles tonga panne internet

    Les îles Tonga ont été privées d’Internet pendant deux semaines

    A quoi ressembleraient nos journées si nous étions privés d’Internet ? Voilà une question que l’on ose à peine se poser… Mais pour les 100 000 habitants des îles Tonga, c’est devenu une réalité lorsque, le 20 janvier dernier, Internet a cessé de fonctionner. Une panne qui a duré 13 jours, pour le pire… et le meilleur !

    Des conséquences économiques désastreuses…

    Le black-out, causé par la rupture du câble reliant l’archipel au reste du réseau mondial, a pris fin le samedi 2 février et chacun a pu reprendre le cours de sa vie. Mais pendant deux semaines, l’activité économique du pays, très largement dépendante de l’accès à Internet comme partout ailleurs, a subi de lourdes conséquences.

    Les secteurs commerciaux et touristiques ont particulièrement été touchés. Les paiements par carte bleue ont été perturbés et les appels internationaux rendus impossibles. Par ailleurs, le système de transfert d’argent, très apprécié des expatriés, a également été impacté, privant un certain nombre de foyers d’une part substantielle de leurs revenus. Les pharmacies, elles aussi, ont connu des ruptures de stock très inquiétantes.

    Dans la capitale, Nuku’alofa, certains opérateurs de télécommunication ont mis à disposition des connexions par satellite. Des files d’attentes se sont ainsi créées pour que chacun puisse, pendant quelques minutes, avoir accès à Internet. Leur débit très limité ne permettant pas d’accéder aux réseaux sociaux, certaines petites entreprises dont l’activité en dépend ont payé un lourd tribut.

    … mais des bars bondés

    Sans Facebook, YouTube ou autre réseau social, les habitants de l’archipel situé à près de 2 400 kilomètres au nord-est de la Nouvelle-Zélande ont dû improviser et revenir aux origines de la sociabilisation. Le retour au face à face et à l’art de la conversation. Joshua Savieti, un habitant des îles Tonga qui travaille dans les arts créatifs explique à l’AFP : 

    « On a dû apprendre à se parler sans messagerie Internet (…) En fait, je me suis dit que c’était plutôt pas mal d’être évincé de l’Internet, de reparler aux gens, d’aller dehors et de voir ce que tout le monde était en train de faire. Plein de gens sont sortis, ils allaient dans les bars, tout était plein ».

    Cela ne fait que cinq ans que l’archipel est équipé de la fibre optique, un progrès qui a bouleversé les habitudes des habitants plus vite qu’ils ne l’auraient imaginé. Expérimenter ce trou noir digital pendant près de deux semaines aura eu l’avantage de leur faire prendre conscience de cette dépendance. L’occasion de ralentir le rythme et de se reconnecter plus simplement aux autres…

    Et vous, que feriez-vous si Internet disparaissait pendant deux semaines ?

     

  • Sextorsion chantage à la webcam

    Sextorsion

    Sextorsion la nouvelle Arnaque en ligne: comment réagir face à un «chantage à la webcam»?

    Depuis plusieurs semaines, une tentative d'arnaque par mail touche des internautes français. Elle menace de publier des vidéos sensibles obtenues grâce au piratage supposé de leur webcam.

    «J'ai mis en place un virus sur le site pour adulte (porno) que vous avez visité» ; «J'ai obtenu tous vos contacts et fichiers» ; «À mon avis, 500 Euro (sic) est un juste prix pour notre petit secret». Si vous avez vu s'afficher ce genre de messages dans votre boîte mail ces derniers jours, vous êtes très certainement sujet à une arnaque.

    Depuis le mois de janvier, l'Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l'information et de la communication (OCLCTIC) a relevé 10.000 signalements dont «80% ont trait à cette arnaque» selon des propos de François-Xavier Masson, directeur de l'entité, qui emploie des gendarmes et des policiers, relayés par l'AFP. Pour rendre leurs tentatives encore plus réalistes, certains pirates informatiques écrivent votre propre adresse mail voire même un de vos mots de passe dans leur lettre de menace. Cependant, il ne faut pas avoir peur car «aucun cas n'a jamais été signalé jusqu'à présent de victimes qui auraient vu les cybercriminels mettre leurs menaces à exécution» selon le gouvernement qui a publié un article sur le sujet sur son site spécialisé cybermalveillance.gouv.fr.

    Si vous êtes une victime et que vous avez déjà payé la rançon, tentez de contacter votre banque pour faire annuler la transaction et déposez plainte avec les preuves à votre disposition, notamment des captures d'écran de messages suspects. N'oubliez pas non plus de signaler ce type de comportement sur le site dédié du ministère de l'Intérieur internet-signalement.gouv.fr.

    Phénomène grave

    Ce type de d'arnaques s'inspire de ce qu'on appelle la «sextorsion», aussi appelé «chantage à la webcam», un phénomène bien plus grave d'exploitation sexuelle en ligne. Le principe: pirater un ordinateur via sa webcam grâce à un virus que l'on appelle «creepware» et tenter d'obtenir des photos ou vidéos d'une personne dénudée pour faire du chantage par la suite. Ces documents peuvent aussi être obtenus avec le consentement de la victime, qui pense par exemple discuter avec un internaute intéressé par elle sur un site de rencontres. La «sextorsion» est à distinguer du «revenge porn» qui consiste à publier en ligne des photos ou vidéo intime d'un ancien partenaire pour se venger de lui ou d'elle.

    Si vous êtes victime de ce type de menace ou que vous pensez que votre webcam a été piratée, il existe des réflexes simples à adopter qui sont notamment préconisés par la CNIL, la Commission nationale de l'informatique et des libertés.

    ● Ne jamais répondre

    L'une des premiers réflexer à adopter est de ne pas donner de l'intérêt à votre maître chanteur. Il pourrait profiter d'une réponse de votre part pour vous demander encore plus d'informations sur vous et vous faire chanter davantage. S'il vous demande une somme d'argent, ne la versez en aucun cas.

    ● Alerter les autorités

    Une fois l'arnaque constatée, n'hésitez pas à alerter les autorités responsables spécialisées dans ces types de menace. La solution idéale est de faire des captures d'écran des messages que vous recevez pour les envoyer ensuite sur la plateforme www.internet-signalement.gouv.fr.

    ● Parlez-en à vos proches

    Les cyber-escrocs s'attaquent souvent à vos proches une fois qu'ils ont commencé leur chantage avec vous. Ils profitent des informations disponibles sur vos différents comptes sociaux pour récupérer l'identité de vos amis et les faire chanter à leur tour. N'hésitez pas à communiquer avec eux pour les prévenir de ces risques.

    ● Configurez des alertes avec vos noms et prénoms

    Une manière efficace de repérer le moindre contenu publié sur le Web vous identifiant est de créer des alertes Google ou TalkWalker avec votre nom et votre prénom. À chaque fois que ces derniers seront publiés sur le Web, vous recevrez un mail qui vous donnera plus de détails et vous montrera dans quelles circonstances vos informations personnelles ont été utilisées.

    ● Signaler le contenu problématique

    Si une vidéo vous montrant dans des postures sexuelles ou des photos dénudées de vous circulent sur les réseaux sociaux, ayez le réflexe de signaler systématiquement ces contenus. Plusieurs tutoriels existent pour vous guider dans cette procédure en fonction des plateformes où vos contenus intimes ont été publiés. En cas de non-réponse des plateformes sous deux mois, la CNIL vous propose sur son site Web un formulaire de plainte en ligne à remplir.

    Il est aussi possible de faire une demande de droit à l'oubli auprès d'un moteur de recherche pour que des informations en ligne liées à votre identité soient déréférencées.

    ● Mettre un post-it sur sa webcam

    Une solution bête et méchante peut aussi vous éviter beaucoup d'ennuis: mettre un post-it sur votre webcam pour éviter qu'elle puisse vous filmer ou photographier même quand elle est éteinte. Le créateur de Facebook, Mark Zuckerberg, a pris lui-même ce réflexe comme le révélait un cliché pris dans les bureaux du réseau social en 2016.

    Si vous êtes victimes d'autres types de cyberharcèlement, n'hésitez pas à lire notre guide pour y faire face en fonction des situations. 

     

  • La Cybersécurité

    Cybersecurite

    Dans un monde comptant plus de 4 milliards d’internautes qui passent environ 6h par jour sur des appareils connectés, 3 milliards d’utilisateurs de réseaux sociaux qui partagent des informations personnelles et/ou professionnelles sur Internet, le numérique et ses dérives font partie de notre vie quotidienne. Téléphoner, regarder des vidéos, poster des photos, publier des avis, commenter des actualités, envoyer des fichiers, faire ses courses, réaliser des transferts bancaires, réserver un billet d’avion depuis son domicile, au bureau, au restaurant, à la cafétéria du coin… Nous sommes tous connectés tout le temps, partout, et cela n’est pas près de changer !

    En 2019, une entreprise ou un individu déconnecté devient rare, très rare, presque isolé du monde interconnecté qui l’entoure.

    Dans ce contexte, le marché de la cybersécurité est en pleine explosion. Si chaque année des millions de structures professionnelles – petites, moyennes et grandes – et d’internautes subissent des cyberattaques, au-delà d’avoir un impact négatif sur la confiance des utilisateurs dans le numérique, les conséquences de ces délits sont aussi financières : d’après un récent rapport de Norton, les cyberincidents coûteraient plus de 600 milliards de dollars à l’économie chaque année.

    Qui dit pertes, dit inquiétudes. Selon l’étude Global CEO Survey 2018, la cybersécurité est devenue l’une des 4 principales préoccupations des dirigeants à l’échelle internationale qui n’envisagent en aucun cas de voir leurs bénéfices chuter à cause de manipulations illégales orchestrées par des groupes d’attaquants agiles et trop souvent mieux organisés que les défenseurs. Réagir devrait être une priorité pour tous. Mais l’est-ce vraiment ?

    Observation surprenante : de nombreux pays enregistrant des taux de connectivité élevés se laissent surprendre par des attaques chaque jour un peu plus sophistiquées. Le laxisme semble l’emporter sur la contre-attaque. Un exemple : La France, un pays peuplé de chefs d’entreprise qui, pour la grande majorité d’entre eux, ne juge pas la cybersécurité comme une menace prioritaire et de ce fait ne se protège que partiellement contre les attaques.

    Le paradoxe français, un cas loin d’être isolé

    Si la cybersécurité représente un enjeu prioritaire pour seulement 29 % des entreprises en France ( Baromètre sur la cyberscurité d’Ipsos pour PwC, 2018 ), c’est surtout parce qu’en interne, un faible pourcentage (32 %) de collaborateurs et de dirigeants sont convaincus de l’importance de se protéger contre les cyberattaques. De ce fait, même si une prise de conscience des dangers liés à la Toile existe, les actes concrets visant à protéger le monde numérique manquent à l’appel.

    Selon le premier baromètre d’Ipsos pour PwC portant sur la cybersécurité en France, 2 entreprises sur 10 se disent tout à fait capables de gérer une cyberattaque. Les 8 autres ne le sont pas. Elles le savent. Mais elles ne réagissent pas. Pourquoi ?

    « Les entreprises françaises restent dans le déni face à la cybermenace. »

    Pour un grand nombre d’entre elles, leur perception du risque est très éloignée de la réalité. En conséquence, elles ne se donnent pas les moyens de mise en place d’un véritable dispositif de gestion de cyberrisques. Leur dynamique reste curative au lieu d’être préventive. Elles subissent puis réagissent. En d’autres mots, elles attendent d’être attaquées et de constater les dégâts avant de songer à améliorer leur défense. Cela ne peut pas continuer ainsi. Agir de la sorte, c’est accepter de laisser l’avantage aux attaquants.

    Une intelligence collective nécessaire pour contrer une menace universelle

    Pour contrer les cyberattaques qui sont chaque année plus nombreuses, il est nécessaire de nous en donner les moyens aussi bien en termes d’investissements réalisés que de développement des nouvelles technologies, de recrutement et de formation des Hommes.

    « La cybersécurité n’est pas qu’une affaire de protection de systèmes informatiques, c’est aussi une affaire de compétences humaines mises au service d’un projet global, commun et collaboratif. »

    Des entreprises de toute taille qui s’exposent quotidiennement aux dangers du Net sans se protéger comme il se doit, ce n’est pas ce qui manque ! Pour régler ce problème, imposer des règles et favoriser la collaboration est de rigueur.

    Emmanuel Macron déclarait l’été dernier que la France n’arrivera pas à assurer sa défense seule. Une entraide Etats-entreprises et entreprises-entreprises à l’échelle européenne pour sécuriser notre marché est la solution que nous devons appliquer. Après tout, si tout le monde joue le jeu, l’union ne peut que faire la force ! Pour que cette solution fonctionne, l’esprit collaboratif devra s’étendre à l’échelle planétaire puisque la Toile ne connait aucune frontière et ne se développe pas sous la responsabilité d’une seule personne ou d’une seule entreprise. La cybersécurité, c’est un domaine qui nous concerne tous !

    CIX-A : la première initiative concrète de « cybercollaboration » en France

    La cybersécurité doit être appréhendée de façon transversale et collective. Les experts sont unanimes : seul le partage de l’information permettra de lutter efficacement contre les cyberattaques. En effet, aujourd’hui, aucun acteur n’a une visibilité exhaustive de ce qui se passe dans le cyberespace. C’est en partageant les informations que les acteurs pourront avoir une vision plus complète et ainsi développer une intelligence commune. La collaboration en matière de cybersécurité n’est donc pas une option, elle est indispensable !

    Face à ce constat, CIX-A lance la première plateforme collaborative de Cyber Intelligence en France. Ce projet a pour ambition de se positionner comme référent sur le marché et devenir un modèle pouvant être reprise en Europe. Son objectif : offrir à ses partenaires un partage d’informations qualifiées et élaborées, pour anticiper les cyberattaques et se préparer à y répondre.

    Pour gagner la bataille de la cybersécurité, nous avons besoin de la mobilisation de tous les acteurs privés et publics aspirant à développer l’économie nationale, européenne et mondiale grâce au numérique. Pour que tous les concitoyens conservent une vraie confiance dans le digital, nous devons procéder à une sensibilisation massive au cyberrisque et développer une éthique universelle du Net. Ce n’est qu’en éduquant les internautes aux bonnes pratiques et en invitant les entreprises et les Etats à être davantage responsables que nous réduirons au minimum les facteurs de risque.

     

  • Le cyberharcèlement

     

    "Menacer de mort quelqu'un, ça n'est jamais drôle." L'avocat Eric Morain a défendu la journaliste Nadia Daam et l'ex-actrice de films X Nikita Belluci, victimes de cyberharcèlement. Voilà pourquoi la condamnation par la justice est une étape importante selon lui.

     

  • Les dangers des sites pour ados

    Danger les ados vont draguer sur les sites de rencontres

    L'envers du décor des sites de rencontre pour ados. Dans l'une de ses dernières vidéos, le Youtubeur LE ROI DES RATS s'est fait passer pour une fille de 13 ans sur des sites de rencontres réservés aux ados. Et dénonce le comportement des adultes.

     

  • Agir en cas de cyberharcèlement

    Cyber harcelement

    L'occasion de rappeler que ce drame du harcèlement, et notamment du cyber-harcèlement, est une réalité qui touche malheureusement en France plusieurs centaines de milliers d’enfants et de jeunes qui sont concernés.

    La lutte contre ce phénomène est une priorité car il va à l’encontre des valeurs défendues par l’école : le respect de chacun, l’apprentissage de la citoyenneté.

    700 600 ÉLÈVES FRANÇAIS, DE L'ÉCOLE AU LYCÉE, SONT VICTIMES DE HARCÈLEMENT

    Parmi eux, 383 830 élèves sont victimes d'une forme sévère de harcèlement*. Plus précisément:

    • 12% des écoliers (CE2, CM1, CM2) souffrent de harcèlement, soit 295 600 élèves sur 2 463 065. Et 5 % des élèves subissent un harcèlement sévère, soit 123 000 écoliers de cycle 3. (Enquête réalisée par l’Unicef et l’Observatoire).
    • 10% des collégiens subissent un harcèlement, soit 332 000 élèves sur 3 332 000 collégiens. Et 7% des collégiens sont confrontés à un harcèlement sévère, soit 233 000 élèves. (Enquêtes de la Depp 2011, 2013).
    • 3,4% des lycéens souffrent de harcèlement, soit 73 000 lycéens sur 2 140 900. Et 1,3% des lycéens de harcèlement sévère, soit 27 830 lycéens.

    Ces chiffres montrent que les risques de harcèlement sont plus grands en fin d’école primaire et au collège. Au lycée, ils diminuent fortement

    1 ÉLÈVE SUR 5 EST CONFRONTÉ AU CYBER-HARCÈLEMENT

    4,5 % des collégiens sont victimes du cyber-harcèlement. L’utilisation d’internet, des téléphones portables ou encore des réseaux sociaux fait que le harcèlement entre élèves se poursuit en dehors de l’enceinte des établissements scolaires. Le ministère de l’Éducation nationale et l’association e-Enfance ont élaboré un guide pour prévenir et traiter le cyber-harcèlement. Un numéro vert national "Net Ecoute", 0800 200 000, propose des solutions juridiques et psychologiques adaptées à la victime de cyber-harcèlement, à sa famille et au personnel éducatif.

    Une journée nationale "Non au harcèlement" avait été lancée le 5 novembre 2015, pour sensibiliser les plus jeunes, en appui des autres axes de la lutte contre le harcèlement que sont les plans de prévention et de formation des professionnels. Concernant la prévention des situations de harcèlement, le ministère a inscrit le harcèlement dans les programmes d’enseignement moral et civique.

    UN NUMÉRO GRATUIT : LE 3020

    Le numéro vert 3020 "Non au harcèlement", ouvert du lundi ou vendredi de 9h à 18h (sauf les jours fériés), est animé par un réseau de 250 "référents harcèlement" qui est chargé de la prise en charge de situations de harcèlement dont ils ont eu connaissance. Ils aident et conseillent également les écoles et les établissements pour la résolution des situations de harcèlement.

    UN SITE INTERNET ET UNE PAGE FACEBOOK POUR AGIR CONTRE LE HARCÈLEMENT

    www.nonauharcelement.education.gouv.fr oriente et donne des conseils selon le profil de l’utilisateur (victime, témoin, parent ou professionnel). Un ensemble de ressources pédagogiques est mis à la disposition des professionnels et des parents (guides, cahiers d’activités pour le primaire et grille de repérages du harcèlement).

    La page Facebook, qui compte désormais plus de 110.00 abonnés, est fréquentée majoritairement par des jeunes de 13 à 17 ans, mais ce sont essentiellement des femmes de 25 à 44 ans, le plus souvent des parents d’élèves qui y interagissent. De nombreux partenaires institutionnels concernés par la lutte contre le harcèlement suivent également cette page tout comme certaines fédérations de parents du public et du privé.

    1 500 FORMATEURS POUR SENSIBILISER 300 000 PERSONNES

    L’année scolaire 2015/2016 a été marquée par le renforcement de la formation du personnel : d’ici à la fin 2016, 1 500 formateurs seront opérationnels pour sensibiliser 300 000 personnes aux situations de harcèlement. Pour aider la mise en place des formations, un parcours M@gistère (travail à distance et en groupe) de 9 heures a été créé pour le 1er degré. Par ailleurs, la réserve citoyenne lancée le 12 mai 2015, donne la possibilité de s’engager contre le harcèlement et d’intervenir en milieu scolaire.

    Rappelons également sur un plan plus juridique qu'Il n'existait pas en France d'outil juridique spécifique, comme en matière de harcèlement au travail ou dans le couple. La loi du 17 juin 1998 sur le bizutage ne correspondait pas exactement au harcèlement scolaire et c'étaient donc plutôt les violences morales incriminées par l'article 222-33-2 du Code pénal qui trouvent à s'appliquer.

    La création d'un délit particulier est intervenue en août 2014 avec la création de l’article 222-33-2-2 du Code pénal qui dispose que:

    "Le fait de harceler une personne par des propos ou comportements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation de ses conditions de vie se traduisant par une altération de sa santé physique ou mentale est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 € d’amende lorsque ces faits ont causé une incapacité totale de travail inférieure ou égale à huit jours ou n’ont entraîné aucune incapacité de travail.

    Les faits mentionnés au premier alinéa sont punis de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 € d’amende :

    1° Lorsqu’ils ont causé une incapacité totale de travail supérieure à huit jours ;

    2° Lorsqu’ils ont été commis sur un mineur de quinze ans ;

    3° Lorsqu’ils ont été commis sur une personne dont la particulière vulnérabilité, due à son âge, à une maladie, à une infirmité, à une déficience physique ou psychique ou à un état de grossesse, est apparente ou connue de leur auteur ;

    4° Lorsqu’ils ont été commis par l’utilisation d’un service de communication au public en ligne.

    Les faits mentionnés au premier alinéa sont punis de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 € d’amende lorsqu’ils sont commis dans deux des circonstances mentionnées aux 1° à 4°"

    Pour synthétiser, les peines pour harcèlement scolaire peuvent aller pour un mineur de 6 mois à 18 mois (en cas de plusieurs circonstances aggravantes) et e montant de l’amende maximale est fixé à 7.500 euros

    A noter que les mineurs de moins de 13 ans ne peuvent en aucun cas aller en prison ou payer une amende.
    .
    S'il existe des circonstances aggravantes comme:

    • la victime a moins de 15 ans,
    • le harcèlement a été commis sur une victime dont la vulnérabilité (maladie, handicap physique ou mental...) est apparente ou connue de l'auteur,
    • le harcèlement a entraîné une incapacité totale de travail (jours d'école manqués) de plus de 8 jours,
    • le harcèlement a été commis via internet.

    Les peines sont alors aggravées si l'auteur est majeur et les peines de prisons encourues iront de 1 an à 3 ans et les amendes de 15.000 euros à 45.000 euros.

    Ce sont les parents, civilement responsables de leur enfant mineur, qui paieront les éventuels dommages et intérêts.

    Et ces sanctions peuvent le cas échéant se combiner avec les infractions de violence, de provocation au suicide

    Enfin,  les parents de l'enfant harcelé pourront poursuivre l'État devant un tribunal civil, en cas de responsabilité du personnel éducatif.

  • Que faire si vous avez été victime d’une arnaque bancaire en ligne ?

     

    Arnaqnet

    Déposez une plainte le plus rapidement possible.

    La plateforme info Escroqueries au 0811 02 02 17 (prix d’un appel local) pourra également vous conseiller.

    Il est également conseillé de signaler l'arnaque auprès des services de la DGGCRF, de l'ACPR, sur le portail internet-signalement.gouv.fr et sur la plateforme signal-spam.fr.

  • Internet rend t-il plus intelligent ou plus bête ?

     

    Internet

    Ce serait une grave erreur que de s’en tenir aux avantages du Net et d’en conclure que Internet rend plus intelligent. Jordan Grafman, qui dirige l’unité de neurosciences cognitives à l’Institut national américain des troubles et attaques neurologiques, explique que le déplacement incessant de notre attention quand nous sommes en ligne peut rendre notre cerveau plus vif dans le multitâche, mais que cette amélioration se fait aux dépens de notre capacité à penser de façon profonde et créative. « Est-ce que l’optimisation pour le multitâche améliore le fonctionnement – à savoir la créativité, l’inventivité et la productivité ? La réponse est le plus souvent non. Plus vous pratiquez le multitâche, moins vous réfléchissez, moins vous êtes capable de traiter un problème et de le résoudre par un raisonnement. » Il ajoute que vous avez alors plus de chances de vous fonder sur des idées reçues et des solutions toutes faites au lieu de les remettre en question avec un raisonnement original. David Meyer, qui est chercheur en neurosciences à l’université du Michigan, et un des plus grands experts sur le multitâche, va dans le même sens. Autrement dit, le Net ne rend plus astucieux que si l’on définit l’intelligence selon ses normes à lui. Mais si l’on prend l’intelligence dans une acception plus large et plus traditionnelle – si on l’évalue par la profondeur de la pensée plutôt que par sa seule rapidité, on aboutit nécessairement à une conclusion différente et beaucoup plus inquiétante.

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