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Cyberharcèlement

  • Le cyberharcèlement à caractère sexiste

     

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    Alors que le président de la République a déclaré vouloir faire de l’égalité entre les femmes et les hommes la grande cause de son quinquennat, il ne se passe guère de semaine sans que l’actualité ne vienne cruellement mettre au jour des pratiques de tous ordres qui visent à dénigrer, voire harceler les femmes. Cela montre non seulement que le sujet de l’égalité femmes/hommes reste totalement pertinent mais aussi bien sûr qu’il convient d’agir efficacement.

    Les leviers d’éradication des processus de domination dans les entreprises

    Très récemment, c’est la « Ligue du LOL » qui a occupé la une de l’actualité. Des esprits chagrins pourraient évoquer le fait que, ce scandale concernant la presse, il était normal, sinon évident, que celle-ci s’empare du sujet et en fasse ses choux gras. On pourrait tout au contraire rétorquer que justement, en s’emparant d’un tel sujet, la presse a témoigné d’un certain courage : au lieu d’étouffer un scandale qui les concerne directement, les médias ont choisi de le porter sur la place publique et de le dénoncer.

    Cette actualité donne l’occasion de rappeler combien sont tenaces ces processus de domination et la difficulté rencontrée pour les éradiquer. Pour cela, deux types de leviers peuvent être actionnés : d’une part, ceux qui relèvent du droit et des interdictions qu’il pose ; d’autre part, ceux qui renvoient à l’action volontaire des entreprises ou des organisations dans lesquelles se produisent les expressions les plus sévères de cette domination. Notons que les deux leviers sont liés, dès lors que les agissements sexistes constituent désormais un risque professionnel pour les entreprises qui sont tenues de le prévenir.

    Concernant le droit, il convient de rappeler que le législateur a inscrit dans le Code du travail l’interdiction de tout « agissement sexiste » défini comme « agissement lié au sexe d’une personne, ayant pour objet ou pour effet de porter atteinte à sa dignité ou de créer un environnement intimidant, hostile dégradant, humiliant ou offensant » (Art. L 1142-2-1). Bien que non pénalement sanctionné, l’auteur d’un agissement sexiste risque une sanction disciplinaire et la responsabilité civile de son employeur pourrait être recherchée. Ce dernier encourt une condamnation à réparer le préjudice subi.

    Que recouvre concrètement cette notion ? Un document élaboré par le Conseil supérieur de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes en donne plusieurs exemples. Ainsi, critiquer une femme pour son manque de « féminité » ou un homme qui ne serait pas « viril » ; ne pas prendre au sérieux les compétences des salarié.e.s et les humilier ; user d’épithètes sexistes ; faire des blagues sexistes, tout cela relève clairement d’agissements sexistes.

    Concernant les actions que les organisations peuvent décider, il reste encore beaucoup à faire tant la plupart d’entre elles mesurent mal l’ampleur des pratiques que subissent les femmes, depuis le « sexisme ordinaire », encore bien trop courant et trop souvent minoré voire dénié, jusqu’aux formes de harcèlement beaucoup plus graves, comme celles des membres de cette indigne « Ligue du LOL ». Comme l’a très justement fait remarquer l’un de nos collègues, l’absence de hiérarchie très formelle dans la plupart des entreprises de presse ne suffit pas, loin s’en faut, à restreindre sinon à faire disparaître les processus de domination (voir l’article de Benjamin Taupin dans Libération du 15 février dernier). On pourrait même suggérer l’inverse, à savoir que c’est en l’absence de tout contrôle et en toute impunité, - du moins dans l’esprit de leurs auteurs -, que ces agissements ont pu se produire sur une relativement longue période.

    Comment faire disparaître les pratiques sexistes dans les entreprises ?

    La question se pose alors de savoir comment (ré)agir pour vraiment voir disparaître ce type de pratiques ? Sanctionner les auteurs comme l’ont fait les organes de presse concernés, ce que la loi prévoit, semble un minimum. On pourrait également imaginer que les victimes portent plainte devant un tribunal. Mais plus largement, si les organisations ne se posent pas la question de leur rôle, voire de leur responsabilité - bien qu’elle soit souvent non intentionnelle -, dans ces pratiques, elles risquent fort de perdurer. Et l’existence de lois, si elle est tout à fait nécessaire, ne sera pas suffisante, comme en témoigne plus largement la législation déjà très fournie en matière d’égalité femmes/hommes et de non-discrimination sur de nombreux sujets.

    Car les organisations de travail fonctionnent selon ce que Joan Acker, une sociologue américaine, a nommé des « régimes d’inégalités ». Ce concept a été forgé pour rendre compte de l’absence de neutralité des organisations de travail qui, dans la majorité des pays industrialisés et dans la plupart des entreprises, organisent la rareté des femmes au fur et à mesure de leurs parcours professionnels. Autrement dit, si les femmes sont si peu nombreuses dans les échelons supérieurs de la plupart des entreprises et encore plus dans leurs comités exécutifs, c’est que dès le départ, à chaque palier d’orientation ou d’avancement, des mécanismes se mettent en place pour les freiner, les dissuader, les éliminer. La grande majorité des organisations ne sont pas neutres : elles ont été conçues par des hommes, pour des hommes et les femmes ne sont massivement tolérées que dans des emplois et à des niveaux subalternes, secondaires, moins prestigieux et moins bien rémunérés. D’une certaine manière, la Ligue du LOL ressemble à ce que connaît bien l’Amérique du Nord (États-Unis et Canada) sous la forme de « boys clubs », des institutions qui, dans la lignée des gentlemen’s clubs britanniques, organisent un entre soi d’où les femmes sont exclues, pour développer leurs réseaux et les rendre influents. (Voir l’article de Frédéric Joignot, Le Monde, 28 février 2019)

    Certes, on pourra rétorquer que les femmes ont désormais accès à tous les emplois, à tous les niveaux hiérarchiques et de responsabilités, dans tous les domaines de la vie économique. Et en effet, on peut aujourd’hui trouver, dans les économies développées, des femmes partout. La question est bien moins celle de la possibilité de leur présence, que de leur légitimité à en être de façon visible, c’est-à-dire en nombre suffisant. Car on sait qu’une minorité qui n’atteint pas un seuil minimum dans l’effectif d’un groupe est vouée à ne pas être prise en compte.

    Ce qui se cache derrière toutes ces pratiques sournoises et lâches, comme le cyber harcèlement dont les auteurs avancent généralement masqués ou anonymes, c’est la contestation pure et simple adressée aux femmes de venir sur le terrain de jeu des hommes, celui du pouvoir essentiellement. Les femmes dirigeantes que j’ai pu interroger au cours de mes différentes enquêtes m’ont souvent expliqué que, tout compte fait, il n’était pas très « difficile » de devenir dirigeante, au sens des connaissances et compétences requises. La différence majeure était la volonté, celle de vouloir se battre pour y arriver, car disaient certaines : « c’est la guerre ! ». Dans le cas de la « Ligue du LOL », il ne s’agissait pas de harceler des dirigeantes mais de simples journalistes, souvent débutantes, qui devaient donc faire leurs preuves pour espérer progresser dans la profession. Ces pratiques illustrent bien les « régimes d’inégalités » mentionnés ci-dessus qui montrent ainsi que les femmes ne sont pas seulement soumises à ce qu’il est courant de nommer un « plafond de verre », cette barrière invisible mais pourtant bien présente qui les empêche d’atteindre le sommet des entreprises. Les obstacles auxquels se heurtent les femmes existent en réalité bien avant l’accès au « dernier cercle » : tout au long de la ligne hiérarchique, les processus de gestion et les pratiques de management s’articulent et interagissent pour dénier aux femmes toute légitimité à évoluer.

    Le plus souvent non intentionnels, ces phénomènes doivent donc être mis au jour et dénoncés, autant par les managers d’équipes que par les dirigeants ou responsables RH des entreprises et, surtout provoquer la prise de conscience nécessaire à une transformation en profondeur du fonctionnement organisationnel à tout niveau. Les prises de parole, les signatures de chartes, les engagements dans des discours prometteurs ne suffisent plus : il faut agir !!

  • Le cyberharcèlement

     

    "Menacer de mort quelqu'un, ça n'est jamais drôle." L'avocat Eric Morain a défendu la journaliste Nadia Daam et l'ex-actrice de films X Nikita Belluci, victimes de cyberharcèlement. Voilà pourquoi la condamnation par la justice est une étape importante selon lui.

     

  • Les dangers des sites pour ados

    Danger les ados vont draguer sur les sites de rencontres

    L'envers du décor des sites de rencontre pour ados. Dans l'une de ses dernières vidéos, le Youtubeur LE ROI DES RATS s'est fait passer pour une fille de 13 ans sur des sites de rencontres réservés aux ados. Et dénonce le comportement des adultes.

     

  • Agir en cas de cyberharcèlement

    Cyber harcelement

    L'occasion de rappeler que ce drame du harcèlement, et notamment du cyber-harcèlement, est une réalité qui touche malheureusement en France plusieurs centaines de milliers d’enfants et de jeunes qui sont concernés.

    La lutte contre ce phénomène est une priorité car il va à l’encontre des valeurs défendues par l’école : le respect de chacun, l’apprentissage de la citoyenneté.

    700 600 ÉLÈVES FRANÇAIS, DE L'ÉCOLE AU LYCÉE, SONT VICTIMES DE HARCÈLEMENT

    Parmi eux, 383 830 élèves sont victimes d'une forme sévère de harcèlement*. Plus précisément:

    • 12% des écoliers (CE2, CM1, CM2) souffrent de harcèlement, soit 295 600 élèves sur 2 463 065. Et 5 % des élèves subissent un harcèlement sévère, soit 123 000 écoliers de cycle 3. (Enquête réalisée par l’Unicef et l’Observatoire).
    • 10% des collégiens subissent un harcèlement, soit 332 000 élèves sur 3 332 000 collégiens. Et 7% des collégiens sont confrontés à un harcèlement sévère, soit 233 000 élèves. (Enquêtes de la Depp 2011, 2013).
    • 3,4% des lycéens souffrent de harcèlement, soit 73 000 lycéens sur 2 140 900. Et 1,3% des lycéens de harcèlement sévère, soit 27 830 lycéens.

    Ces chiffres montrent que les risques de harcèlement sont plus grands en fin d’école primaire et au collège. Au lycée, ils diminuent fortement

    1 ÉLÈVE SUR 5 EST CONFRONTÉ AU CYBER-HARCÈLEMENT

    4,5 % des collégiens sont victimes du cyber-harcèlement. L’utilisation d’internet, des téléphones portables ou encore des réseaux sociaux fait que le harcèlement entre élèves se poursuit en dehors de l’enceinte des établissements scolaires. Le ministère de l’Éducation nationale et l’association e-Enfance ont élaboré un guide pour prévenir et traiter le cyber-harcèlement. Un numéro vert national "Net Ecoute", 0800 200 000, propose des solutions juridiques et psychologiques adaptées à la victime de cyber-harcèlement, à sa famille et au personnel éducatif.

    Une journée nationale "Non au harcèlement" avait été lancée le 5 novembre 2015, pour sensibiliser les plus jeunes, en appui des autres axes de la lutte contre le harcèlement que sont les plans de prévention et de formation des professionnels. Concernant la prévention des situations de harcèlement, le ministère a inscrit le harcèlement dans les programmes d’enseignement moral et civique.

    UN NUMÉRO GRATUIT : LE 3020

    Le numéro vert 3020 "Non au harcèlement", ouvert du lundi ou vendredi de 9h à 18h (sauf les jours fériés), est animé par un réseau de 250 "référents harcèlement" qui est chargé de la prise en charge de situations de harcèlement dont ils ont eu connaissance. Ils aident et conseillent également les écoles et les établissements pour la résolution des situations de harcèlement.

    UN SITE INTERNET ET UNE PAGE FACEBOOK POUR AGIR CONTRE LE HARCÈLEMENT

    www.nonauharcelement.education.gouv.fr oriente et donne des conseils selon le profil de l’utilisateur (victime, témoin, parent ou professionnel). Un ensemble de ressources pédagogiques est mis à la disposition des professionnels et des parents (guides, cahiers d’activités pour le primaire et grille de repérages du harcèlement).

    La page Facebook, qui compte désormais plus de 110.00 abonnés, est fréquentée majoritairement par des jeunes de 13 à 17 ans, mais ce sont essentiellement des femmes de 25 à 44 ans, le plus souvent des parents d’élèves qui y interagissent. De nombreux partenaires institutionnels concernés par la lutte contre le harcèlement suivent également cette page tout comme certaines fédérations de parents du public et du privé.

    1 500 FORMATEURS POUR SENSIBILISER 300 000 PERSONNES

    L’année scolaire 2015/2016 a été marquée par le renforcement de la formation du personnel : d’ici à la fin 2016, 1 500 formateurs seront opérationnels pour sensibiliser 300 000 personnes aux situations de harcèlement. Pour aider la mise en place des formations, un parcours M@gistère (travail à distance et en groupe) de 9 heures a été créé pour le 1er degré. Par ailleurs, la réserve citoyenne lancée le 12 mai 2015, donne la possibilité de s’engager contre le harcèlement et d’intervenir en milieu scolaire.

    Rappelons également sur un plan plus juridique qu'Il n'existait pas en France d'outil juridique spécifique, comme en matière de harcèlement au travail ou dans le couple. La loi du 17 juin 1998 sur le bizutage ne correspondait pas exactement au harcèlement scolaire et c'étaient donc plutôt les violences morales incriminées par l'article 222-33-2 du Code pénal qui trouvent à s'appliquer.

    La création d'un délit particulier est intervenue en août 2014 avec la création de l’article 222-33-2-2 du Code pénal qui dispose que:

    "Le fait de harceler une personne par des propos ou comportements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation de ses conditions de vie se traduisant par une altération de sa santé physique ou mentale est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 € d’amende lorsque ces faits ont causé une incapacité totale de travail inférieure ou égale à huit jours ou n’ont entraîné aucune incapacité de travail.

    Les faits mentionnés au premier alinéa sont punis de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 € d’amende :

    1° Lorsqu’ils ont causé une incapacité totale de travail supérieure à huit jours ;

    2° Lorsqu’ils ont été commis sur un mineur de quinze ans ;

    3° Lorsqu’ils ont été commis sur une personne dont la particulière vulnérabilité, due à son âge, à une maladie, à une infirmité, à une déficience physique ou psychique ou à un état de grossesse, est apparente ou connue de leur auteur ;

    4° Lorsqu’ils ont été commis par l’utilisation d’un service de communication au public en ligne.

    Les faits mentionnés au premier alinéa sont punis de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 € d’amende lorsqu’ils sont commis dans deux des circonstances mentionnées aux 1° à 4°"

    Pour synthétiser, les peines pour harcèlement scolaire peuvent aller pour un mineur de 6 mois à 18 mois (en cas de plusieurs circonstances aggravantes) et e montant de l’amende maximale est fixé à 7.500 euros

    A noter que les mineurs de moins de 13 ans ne peuvent en aucun cas aller en prison ou payer une amende.
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    S'il existe des circonstances aggravantes comme:

    • la victime a moins de 15 ans,
    • le harcèlement a été commis sur une victime dont la vulnérabilité (maladie, handicap physique ou mental...) est apparente ou connue de l'auteur,
    • le harcèlement a entraîné une incapacité totale de travail (jours d'école manqués) de plus de 8 jours,
    • le harcèlement a été commis via internet.

    Les peines sont alors aggravées si l'auteur est majeur et les peines de prisons encourues iront de 1 an à 3 ans et les amendes de 15.000 euros à 45.000 euros.

    Ce sont les parents, civilement responsables de leur enfant mineur, qui paieront les éventuels dommages et intérêts.

    Et ces sanctions peuvent le cas échéant se combiner avec les infractions de violence, de provocation au suicide

    Enfin,  les parents de l'enfant harcelé pourront poursuivre l'État devant un tribunal civil, en cas de responsabilité du personnel éducatif.

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