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Afrique

  • Les Arnaqueurs du Nigéria

    Qui sont les «419», ces arnaqueurs nigérians qui se jouent de vous?

    419. L'un des mots les plus utilisés au Nigeria n'est pas emprunté à l'anglais classique. Ce mot que l'on entend à tout bout de champ le plus souvent sur le mode de la plaisanterie désigne les escrocs. Son origine est limpide : l'article du Code pénal nigérian faisant référence aux aigrefins.

    Le 419 est tellement passé dans l'usage commun qu'aujourd'hui dans les hôtels nigérians, il n'y a pas de chambre 419. Personne n'a envie d'être le pensionnaire de la 419 : celui dont tout le monde va se méfier. La chambre 419 est l'équivalent de la chambre 13 en Occident.

    Pourquoi une telle phobie de ce chiffre ? Depuis des décennies, les escroqueries made in Nigeria ont fait florès. Les escrocs nigérians ont réussi à extorquer des milliards de dollars. En raison de leurs grandes ruses et audace, mais aussi de l'ampleur de leur complicité dans le pays. Afin d'appâter leurs futures victimes, les escrocs nigérians les recevaient même au ministère des Finances : ils louaient des locaux quelques heures dans ledit ministère. Ils sortaient aussi le grand jeu : tours d'hélicoptère au-dessus des zones pétrolières du delta du Niger, rencontres avec des « gros bonnets ». Outre les pertes financières considérables, nombre de ces escroqueries se sont achevées par des enlèvements, des suicides et des assassinats.

    Longtemps, les « 419 » avaient pignon sur rue. Dans les années quatre-vingt-dix, nombre d'entre eux vivaient au grand jour sur Allen avenue (surnommée « cocaïne avenue »), une grande artère de Lagos. Ils n'hésitaient pas à se vanter de leurs faits d'armes et cherchaient à recruter des Blancs dans leurs équipes afin de rassurer leurs futures proies. Ils avaient toujours de bonnes raisons pour justifier leurs actions. En somme, selon eux, le fait de voler des Occidentaux était une façon de réparer le préjudice causé par l'esclavage. Un argument dont ils ne semblaient pas eux-mêmes vraiment convaincus. Les « 419 » en redresseurs de torts, c'est tout de même assez peu crédible.

    Mais leur explication favorite est toute autre. Un grand nombre de « 419 » sont d'origine ibo, une ethnie de l'est du Nigeria. « Après l'échec de l'indépendance du Biafra, nous avons été marginalisés. Nous étions exclus de tous les bons postes dans l'administration. C'est pour cela que nous avons dû nous tourner vers ces activités de 419 », aiment-ils répéter. Quoi qu'il en soit les « 419 » bénéficiaient de complicité haut placée et il était très difficile pour leurs victimes de se faire dédommager.

    Des escrocs high-tech

    Les « 419 » ont profité de la montée en puissance des nouvelles technologies. Grâce à l'internet, ils ont pu inonder le monde entier de courriels. Personne n'est épargné, même au fin fond de la Picardie ou de la Bavière, chacun a le droit à sa dose de mails nigérians. La multiplication des cybercafés, appelés « business center » au Nigeria leur a aussi facilité le travail. Le « 419 » donnait à ses partenaires l'adresse d'un « business center » à Lagos. Une fois qu'il avait pris la poudre d'escampette, il était impossible de le retrouver. « Mon partenaire nigérian m'avait dit que pour faire des affaires là-bas, il fallait verser des pots-de-vin. Je lui ai envoyé des costumes Smalto, des stylos Mont-Blanc, des montres Rolex etc. Et depuis plus de nouvelles », s'étonnent certains. 

    Les personnes grugées sont d'autant plus mal à l'aise pour se tourner vers la justice qu'elles se livrent en toute connaissance de cause à une activité illégale. Le grand classique des activités nigérianes consiste à proposer à un Européen de blanchir de l'argent pour le compte d'un Nigérian qui l'a détournée. Une activité pour le moins sujette à cautions et à précautions.

    Rapidement, les « 419 » ont entrepris d'exporter leur art de l'escroquerie. Ils ont ouvert des officines au Bénin voisin et formé des Béninois afin de pouvoir opérer aussi en français. Bientôt les escrocs ont également eu pignon sur rue en Côte d'Ivoire. Donnant naissance au fameux phénomène des « brouteurs » à la gloire desquels a été inventé le style musical « Coupé, décalé », qui signifie voler et prendre la poudre d'escampette. Longtemps, au Nigeria comme en Côte d'Ivoire, les « 419 » ont joui d'une certaine magnanimité, au motif qu'ils étaient malins, qu'ils escroquaient surtout les Blancs ou ceux qui avaient beaucoup d'argent et qu'il n'y avait pas mort d'hommes.

    Un internaute utilise un des ordinateurs d’un cybercafé. AFP/Issouf Sanogo

    Des faits divers tragiques

    Un certain nombre de faits divers tragiques ont montré une réalité bien différente. Dans la grande majorité des cas, les victimes desdits « 419 » n'étaient pas des gens riches. Il s'agissait surtout de naïfs désargentés qui rêvaient du grand amour ou de la grande fortune. Un grand patron va rarement croire qu'il a gagné des millions à la loterie ivoirienne à laquelle il n'a jamais joué ! Les « 419 » sont fréquemment des maîtres chanteurs. Afin de répondre à leurs exigences de plus en plus grandes, un certain nombre de gogos s'endettent. Et au final, ce sont eux qui se retrouvent en prison ou qui se suicident.

    Les autorités nigérianes veulent prendre le problème à bras le corps. Le phénomène des « 419 » pénalise considérablement la première économie du Nigeria. A cause notamment de ce phénomène, le taux d'utilisation des cartes bancaires est très faible. Le commerce électronique se développe beaucoup moins rapidement qu'il ne le devrait. Le plus souvent les courses en commerce électronique sont réglées en liquide à la livraison. Au Nigeria, même les taxis Uber sont fréquemment payés en cash.

    Les Nigérians savent qu'il est bien difficile d'entrer en contact avec le reste du monde depuis leur pays. Combien d'internautes vont envoyer un mail nigérian directement à la poubelle sans prendre la peine de vérifier s'il s'agit d'un vrai ou d'un faux. Afin de prendre contact avec une entreprise, une université ou une école occidentale, nombre de Nigérians sont obligés de passer par une tierce personne. Sinon ils savent que personne ne prendra la peine de leur répondre.

    Les « 419 », un coût élevé pour la société

    Le phénomène des « 419 » a donc un coût très élevé pour la société. Afin de le combattre, les autorités ont établi un contrôle très strict des lignes téléphoniques. Au Nigeria, on ne peut se contenter d'acheter une carte sim dans la rue. Il faut aller se faire inscrire en bonne et due forme dans une société de téléphonie et présenter des pièces d'identité à cette fin. Pour ne pas avoir respecté cette règle avec l'ensemble de ses clients, l'entreprise de télécom sud-africaine MTN vient d'être condamnée à une amende record de plusieurs milliards de dollars.

    L'étau se resserre autour des « 419 ». Mais ils font preuve d'une imagination sans limites. Même s'ils risquent d'être démasqués grâce aux progrès des nouvelles technologies, ils connaîssent un moyen hors pair pour échapper aux foudres de la justice : obtenir l'immunité en se faisant élire dans l'arène politique. Quitte à acheter une élection... Les « 419 » n'ont peur de rien!

  • Une des connexions internet les plus rapides du Monde

    Internet madagascar

     

    Madagascar est l’un des pays les plus pauvres d’Afrique. Pourtant, son internet haut-débit est plus rapide que dans l’Hexagone.

    Elle devance la France, le Royaume-Uni et le Canada. Avec 24,9 mégabits par seconde, l'île de Madagascar dispose de l'une des connexions Internet parmi les plus rapides du monde. Le pays se hisse au 22e rang du classement mondial établi par l'entreprise britannique Cable et arrive en première place sur le continent africain. Les trois premiers pays du monde, Singapour, la Suède et le Danemark, bénéficient, eux, d'une connexion deux à trois fois plus rapide.

    En grimpant de 67 places, Madagascar effectue la remontée la plus spectaculaire du classement. Quartz donne une raison à cela: le pays est relié au réseau EASSy - pour East African Submarine Cable System - soit quelque 10 000 km de câbles s'étendant du Soudan jusqu'en Afrique du Sud. L’aménagement date de 2014, à la signature d'un accord entre Telecom Malagasy et la division internationale opérationnelle de Hong-Kong.

    Rares sont pourtant les résidents de Madagascar à pouvoir bénéficier d'un tel avantage technologique. Seuls 2,1% des 25 millions d'habitants du pays ont accès à Internet, et 13% à l'électricité. Surtout, la bande passante y reste très chère. L'île reste l'un des pays les plus pauvres du continent avec un PIB de 428 dollars par habitant en 2018. 80 % d'entre eux vivent avec moins d'1,60 euro en moyenne par jour, d’après les données de la Banque mondiale.

    Malgré sa rapidité, la connexion Internet reste aléatoire sur ce territoire. En février 2017, un problème technique sur l'infrastructure EASSy a eu d'importantes retombées sur la côte africaine, et entraîné la paralysie du pays entier. Quinze jours de réparation ont été nécessaires pour y remédier. Autant de jours désastreux pour l'économie malgache.  

  • African Dream

     

    African dream 2

    Traversée par six fuseaux horaires, abritant 100 langues officielles, 54 pays et plus d’un milliard d’habitants dont la
    majorité ont moins de 25 ans, l’Afrique est un berceau de “digital natives” qui a pris l’habitude de résoudre ses problèmes par le numérique. Avec un taux de pénétration du mobile de 60 à 130 % selon les pays, elle a fait son “leapfrog” (saut de grenouille) en adoptant celui-ci avant la ligne téléphonique fixe et le paiement mobile avant
    d’avoir un compte en banque. La solution de transfert d’argent par mobile M-Pesa, lancée au Kenya en 2007, a aujourd’hui plus de 17 millions d’utilisateurs en Afrique et dans le monde. Au Nigeria, Facebook compte 16 millions
    d’utilisateurs, soit 8,3 % de la population du pays, qui a vu naître Jumia et IrokoTV, les Amazon et Netflix africains. Au Niger, les agriculteurs irriguent leurs champs en envoyant un SMS grâce à une innovation de la société Tech-Innov. Le Kenya comprend 11 hubs pour soutenir les entreprises du numérique et plus de 1 500 start-up. 70 %
    des transactions réalisées dans le pays sont numériques et les factures d’électricité se payent par téléphone. Au Rwanda, les drones permettent de rallier les zones les plus isolées et de réaliser des livraisons de produits de haute nécessité. Avec 52 villes de plus d’un million d’habitants et une croissance de 5 % par an, en 2040, l’Afrique comprendra plus d’un milliard de personnes en âge de travailler, et plusieurs classes moyennes auront fini d’émerger et réclameront des services à la pointe. Mais pour attirer les investissements, l’Afrique doit encore se débarrasser des
    oripeaux de sa mauvaise réputation sur la scène internationale.

    EN CHIFFRES
    2,5 MILLIARDS D’HABITANTS D’ICI 2050
    367 MILLIONS $ D’INVESTISSEMENTS EN 2016
    70 % DE TAUX DE PÉNÉTRATION DES TÉLÉPHONES MOBILES
    16 MILLIONS D’UTILISATEURS FACEBOOK AU NIGERIA

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